
Tradwives: rétablissons la vérité
Pour contrebalancer le traitement médiatique biaisé, un article sur le sujet de la part d'une vraie tradwife
Tradwife" est un mot-valise anglais : contraction de "trad", diminutif de "traditional", et "wife". Le terme émerge en ligne dans les années 2010 et devient viral au début des années 2020 grâce à des influenceuses sur les réseaux sociaux qui se sont désignées (ou ont été désignées) comme « tradwives ».
Un certain nombre de mes amies se retrouveraient dans ce terme. C'est vrai, après tout on gère nos foyers, on reste auprès de nos enfants tous les jours (pour celles qui le peuvent financièrement) et on fait passer notre famille avant le reste. On considère comme nôtres les tâches de soin du foyer et de la cuisine (que ces temps modernes aiment appeler des « corvées ») et on s'accommode très bien d'une famille nucléaire.
On ne cherche pas à tout rejeter de la modernité, ni à prétendre qu'on vit comme nos arrière-grand-mères, ni encore à restreindre les libertés du reste des femmes. On vit simplement cette vie-là un peu à contre-courant de l'époque actuelle. Quel autre mot avons-nous pour nous retrouver ?

(bon on admettra que mon amour pour les robes autrichiennes et les belles photos sont un peu "cliché tradwife" mais promis ca n'etait pas mis en scène, j'étais vraiment en train de faire un tiramisu)
Seulement voilà, les médias s'en sont donné à cœur joie pour ridiculiser le mouvement. Chaque mention du terme « tradwife » vient avec une représentation grossière. On sélectionne les femmes les plus caricaturales : celles revendiquant une soumission sexuelle, celles qui ont l'air de jouer un rôle sans l'avoir compris et celles qui se pouponnent comme une Barbie pour aller passer trois heures en cuisine. À force de représentations grotesques, on finit par y croire, et dans mon propre esprit elles sont celles que j'ai fini par visualiser quand j'entends « tradwife ».
Lorsque j'utilisais l'étiquette moi-même, j'ai reçu un nombre incalculable de demandes d'interview de journalistes s'intéressant au sujet. Je vous passe leurs manipulations détestables pour prétendre être sincèrement ouverts et intéressés : aucun n'a jamais pondu d'article nuancé.
Malgré cela, j'ai parfois répondu à leurs questions. Sachant que l'article en question aurait pour but de m'assassiner, autant tenter une défense. De façon honnête et sincère, j'ai apporté des nuances et j'ai décrit une vie – la mienne – tout à fait banale et paisible. J'ai été étonnée (non) que mes réponses n'apparaissent quasiment jamais dans les articles par la suite.
Je ne suis pas une anomalie parmi les « tradwives », j'en suis juste une de la vraie vie. Je ne suis pas bonne en cuisine (mais je sais bien faire les lasagnes) et je n'aime même pas toujours ça, je mets des pantalons quand c'est pratique, il y a souvent du bazar chez moi et je ne parle même pas de celui dans mes cheveux. Ah, et j'oubliais, j'ai même un robot aspirateur.
L'autre grand jeu des médias est de traiter la tradwife comme une figure du fascisme. Combien de fois ai-je entendu « attention, elle ne le dit pas mais elle est d'extrême droite ». Avec certitude, un mode de vie traditionnel est souvent accompagné d'un certain conservatisme, mais est-ce une raison pour politiser un contenu qui ne l'est pas ?
Mes opinions politiques ne font pas partie de mon compte Instagram, je préfère la possibilité d'échanger sur de vrais sujets de la vie comme la maternité, le jardin, la spiritualité ou le foyer. À mes yeux, c'est bien plus réel que le nom du dernier technocrate franc-maçon que les gens placeront dans l'urne. Prendre soin de sa famille, élever des enfants au contact de la nature ou cuisiner des aliments frais, c'est ce en quoi je crois principalement.
Je ne colle pas non plus à une ligne idéologique connue. Je suis plutôt un genre de hippie conservatrice libertaire, mais j'ai surtout conscience de mon absence de compétence en ce qui concerne la politique. Ne vous en remettez pas à moi pour cela.
Quoi qu'il en soit, j'ai la conviction que le peuple gagne à se réunir. On dit « diviser pour mieux régner », et c'est très observable. Chercher à attribuer telle ou telle opinion à quelqu'un pour le faire boycotter ne fait que renforcer le pouvoir de ceux qui dirigent.
Sur ce, je clôture cet article avec la sensation réconfortante d'avoir finalement pu m'exprimer sur le sujet (un coucou aux journalistes qui ont préféré chaque fois citer mon nom sans mes propos).
Dans l'espoir que le peuple se laisse un peu moins diviser,
et que la paix soit avec nous,
Calypso
