Un chapelet par jour pendant 30 jours

"Si tu n'as pas la foi, c'est probablement que tu ne l'as pas assez cherchée"

Je me sens habitée par la foi surtout quand tout va bien. Dans ces moments, il m'est aisé de voir partout la grâce et l'amour, et de croire sincèrement au salut des hommes.
Puis viennent les épreuves de la vie, les moments où l'on a besoin des bras de Dieu mais la foi nous manque. Où l'on croit devoir s'en remettre à soi-même et l'on ne sait plus prier ni même espérer. Et pourtant nous savons combien ce monde peut être terrifiant et combien un Dieu d'amour infini, un Père céleste semble nécessaire. L'homme aspire naturellement à l'infini et c'est, je crois, une pulsion de recherche de Dieu (mais ce sera pour un autre article).

Pourquoi un chapelet par jour?

Au sortir d'une épreuve plutôt traumatisante, il m'a fallu chasser les angoisses revenant chaque soir. Je me sentais au bord d'un gouffre de malheur, chaque fois un peu plus proche de la chute. Alors je suis tombée sur l'expérience de cet homme athée qui se glissait pour 30 jours dans la peau d'un croyant. 20 jours de prières seulement lui avaient suffi à trouver une foi vive.

"Peut-être ne suis-je qu'à 20 jours de discipline de trouver Dieu" ai-je pensé.

Alors finalement je me décide à ressortir mon chapelet et à trouver chaque jour le temps de le prier (environ 20 minutes).

Les effets après deux semaines

Je commence cette nouvelle habitude dans une période de stress. Je jongle entre des commandes de portraits à l'huile, mon bébé qui pleure et mes angoisses de fin de journée. Dès le premier jour, les angoisses disparaissent. J'ai été sereine pour la première fois ce soir là et tous les soirs qui ont suivi. Les mêmes pensées qui me serraient le coeur ne m'ébranlent plus.

J'ai trouvé le Christ

Assez vite, je choisis de méditer les mystères de la vie du Christ pendant mon chapelet (le rosaire). Les mystères font écho avec ma vie. Je me sens accompagnée dans les violences que j'ai vécues. Le désespoir, l'impuissance, les moqueries, je les retrouve dans le jardin de Gethsémani, la flagellation, la couronne d'épines. Les égratignures de mon coeur m'ouvrent un chemin pour ressentir les blessures de Jésus. Plus que jamais, il devient "mon Sauveur". Et cet apaisement de mes souffrances me conduit vers l'étape suivante:

J'ai pardonné

Et je n'aurais pas cru que cela arriverait si tôt car je n'en avais pas envie. Un jour je lance par hasard une vidéo dans laquelle un homme, Ian McCormack témoigne de son expérience de mort imminente, de son passage aux enfers puis au Ciel. Je suis transcendée et cela renforce le sens de mes prières quotidiennes. Il y raconte avoir dû pardonner aux hommes l'ayant laissé mourir pour recevoir lui-même le pardon de Dieu. Et c'est vrai que le pardon est un enjeu immense du christianisme, que j'avais laissé de côté jusque là.

Comment pardonner à quelqu'un qui ne regrette pas et referait précisément la même chose? Quelqu'un qui nous méprise toujours et nous violenterait à nouveau?

C'était pour moi aussi impossible que de cesser d'y penser. "Je ne peux ni m'en remettre, ni lui pardonner". On imagine trop souvent le pardon comme une main tendue, un sourire et passer à autre chose. Cette voie-là en effet m'était indésirable mais j'ai trouvé un pardon dont je suis capable.

Plutôt que de l'imaginer payer pour la violence vécue, j'ai préféré l'imaginer la regretter. Qu'il regarde avec empathie mon coeur abîmé, qu'il regrette sincèrement la blessure causée et le mal fait. J'ai commencé à prier pour qu'il trouve le Ciel. Je ne passe pas à autre chose, je ne tends pas la main à ce qu'il incarne encore mais je le poursuis avec mes prières. Rien ne cicatriserait ma blessure autant qu'un regret sincère de sa part. S'il trouve la paix, il me rendra la mienne. C'est ainsi que j'ai pardonné.

Tout a pris sens

J'ai été cette jeune qui tournait en dérision les catholiques, qui les trouvaient trop "dramatiques" à toujours se morfondre d'être pécheurs, trop "dogmatiques" en général. Par la suite, j'ai voulu renouer avec mes racines chrétiennes et fréquenter l'Église mais je me suis sentie une étrangère. J'ai beaucoup essayé de comprendre les rites mais le rationnel n'est pas l'outil adapté pour cela. Après trois ans à chercher le chemin vers le Ciel, j'ai compris qu'il n'y a rien à comprendre et tout à ressentir (bien que les récits de miracles, de Saints et d'apparitions mariales m'aient aidée à trouver la voie)

Finalement, après ce mois de chapelets, je me sens catholique. J'ai espéré trouver ma voie grâce à ces prières et c'est arrivé.

La suite

Je n'ai pas arrêté et j'espère que cela n'arrivera jamais. Comme la cohérence cardiaque, c'est une habitude qui m'a réparée et qui m'est devenue indispensable. Les effets sont bien au delà de ce qu'on peut mesurer. Je me sens plus apaisée dans mes peintures aussi et les réussis mieux, j'ai bien plus d'espoir en général et surtout: mes angoisses m'ont quittée.

Vivre dans ce monde n'est supportable qu'avec la foi, j'ai l'impression d'avoir trouvé ma bouée de sauvetage.

Je ne peux que vous encourager à tenter l'expérience si le coeur vous en dit. Je suis convaincue que vous trouverez ce que vous cherchez (même si vous ne le cherchez pas encore)!

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